Du 12 au 16 Fév

Catégorie : Résidence

Organisé par El Vaïven

108°F – La ville qu’on a conquise une nuit de tempête

Note d’intention

Ce projet est né dans le cadre de mon mémoire de recherche-création, je me suis questionnée sur la performativité de l’érotisme féminin heterosexuel. La recherche-création est une plateforme d’exploration, une interface de dialogue entre la création artistique et la recherche scientifique. C’est pourquoi tisser des liens entre ces deux mondes est une porte d’entrée pour trouver ma voix et faire se conjuguer les concepts et l’expérience. La performance érotique est constituée par différentes imaginaires. La société joue un rôle important dans la construction de ces fantasmes et désirs. La systématisation patriarcale de nos représentations érotiques influence la perception corporelle, les comportements et nos désirs. Mon corps est ma représentation qui véhicule mes expériences et mes vécus, mais aussi mon champ de bataille.
Pourquoi ne pas – re – créer une performance érotique, dans l’intime et le social, qui respecte également le désir de la femme que je suis. En exprimant un érotisme réinventé qui se détache d’une tradition alimentée par des codes et des standards de beauté classique. Il me semble que l’exercice de la création permet de se réinventer soi-même, se uestionner, se révolter, se trouver mais surtout de résonner chez l’autre.
Inés Dutour

Résumé

Dans le « temps d’après », dans un monde post-apocalyptique, existe une ville qui attend d’être (re)conquise. Elle semble abandonnée, la nature grimpe aux murs et s’étend dans les rues. Les maisons qui s’y retrouvent attendent que leurs habitants.es reviennent pour les habiter. Des présences y rodent encore, fantômes d’un passé qui renonce à partir. Un soir de tempête, trois femmes réapparaissent et s’introduisent dans une des maisons. Elles sont venues réclamer leur maison, pour ensuite en sortir et conquérir la ville. Elle, Ella et Ex, les trois personnages, ont comme mission de récupérer leur maison qui est hantée, par ces présences. Ces dernières représentent à la fois un système oppresseur, jonché d’idées reçues, mais aussi cette partie de nous-mêmes qui nous empêche d’avancer et provoque la stagnation voire l’inertie.
Afin de récupérer leur maison et chasser ces présences, elles doivent affronter certains obstacles et résoudre des énigmes au fur et à mesure desquels elles avancent de pièce en pièce. Tel un labyrinthe, chaque pièce de la maison dévoile une quête qui impose au personnage de plonger au plus profond d’elle-même, cela prend la forme de confessions sous la forme d’un voyage introspectif.
Elle, Ella et Ex sont à la fois trois personnes et une seule. Elles sont créée leur utopie en chassant leurs propre fantômes dystopiques. D’un point de vue féministe, le projet est un dialogue qui questionne et cherche à reinventer la performativité érotique. Dans cette quête de libération à travers leur érotisme, les protagonistes nous invitent dans leur intimité pour voir comment elles y dénudent leurs désirs petit à petit.

La maison corps-espace


Dans « La casa tomada », nouvelle de Julio Cortazar, le frère, le narrateur et la sœur Irene, issu.e.s d’une famille bourgeoise de Buenos Aires, sont expulsé.e.s de leur maison petit à petit jusqu’à ce qu’iels se retrouvent à la rue à cause d’une présence envahissante. Nous nous sommes inspiré.es de cette notion de maison qui est prise par une présence qui commence petit à petit à prendre contrôle du lieu.
La maison est ici un lieu à soi, un corps qu’il faut habiter et faire valoir dans l’espace de cette ville à laquelle la maison appartient. Dans la poétique établie du texte, la maison se transforme en un corps ou un monde qui appartient à un univers intime et révolutionnaire. Utopie et monde post- apocalyptique Les utopies nous permettent de dépasser les limites, imaginer des mondes féministes possibles. Les utopies promettent une transformation humaine et sociétale à travers une révolution féministe. Avoir recours aux utopies dans la création théâtrales est un moyen de critiquer notre réalité pour imaginer un
autre monde possible. Le choix d’un contexte post-apocalyptique permet de recréer la fin d’un monde et d’inventer le suivant : décider quelle place donner aux utopies, imaginer de nouvelles spatialités de création, de discussion et de révolution.

Distribution

Texte et mise en scène : Inés Dutour
Correction texte : Léonor Malavia
Assistante de mise en scène : Clara Eon
Avec : Léonor Malavia, Sofía de Sanctis et Inés Dutour
Scénographie : Jeanne Fillon
Chorégraphie et travail corporel : Clara Eon
Vidéo : Arnaud Gransagne
Costumes : Création collective
Régie Générale : Clementine Lemoign

Avec le soutien de Compagnie SourouS, Musée Sauvage, Le Lieu